Jean-Michel Larrasquet, GRAPHOS

Questions à ...
    Enzo Ziccardi, GEIE EURelations
    Julie BAGIEU, aNTIC Pays basque
    Jean-Louis Harignordoquy, Hemen
    Marie Jouet, Ma conciergerie d'entreprise
    Jean-Michel Larrasquet, GRAPHOS
    Bob Worboys, Etxeko Bob’s beer
    Jérémie Garat, Iron eta Maider
    Philippe Montaulieu, Tendances DECO
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    Jeff Catherine, Jeff Coyote
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    Dominique Labeyrie, SEI-Fagor
    Johanna SICART, AMA VIOLETTE
    Stéphanie Labé, CDT Béarn Pays Basque
    Rob Verhoek, SolidPepper
    Benoit Etxeberri, Eusko Ikaskuntza
    Xavier Baylac, Pays Basque Numérique
    Jean-Pierre Ithurbide, SPRI
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    Pierre-Yves Chauché, Zooneo.fr
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    Serge Fontagnères/Patrick Bourg, Belharra
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Jean-Michel Larrasquet« Se faire accompagner par des gens qui n’ont pas de solution à vendre »

Le Graphos CNRS- Côte Basque est une structure qui se trouve à la Technopole Izarbel à Bidart. Ce laboratoire a la particularité d'être tout à fait transversal dans son travail : il allie la recherche, la formation et le conseil. Grâce à ses travaux auprès des entreprises et des organisations, grâce à son approche pluridisciplinaire, le Graphos - Côte Basque (désormais lié au CREG-UPPA) est amené à aider des entrepreneurs très différents (industrie, service, TPME…) à gérer au mieux les questions de fonctionnement interne.


Jean-Michel Larrasquet, en tant que responsable scientifique du Graphos - Côte Basque, comment observez-vous les changements induits par les Nouvelles technologies ?
Ces changements sont multiformes. Le regard que l’on peut porter sur ces évolutions peut varier : certains aspects sont envisagés comme des changements, directs (mise en place d’un nouveau logiciel CRM par exemple, ou mise en place d’un site Internet…). D’autres changements sont beaucoup plus profonds et concernent les personnes, les entreprises, les territoires et finalement la planète entière (autonomisation et responsabilisation des personnes, transformation de la concurrence, développement des coopérations, des supply-chain, clusters, développement de l’internationalisation et de la globalisation…. Ces évolutions ont évidemment à voir avec les nouvelles technologies, ils en sont d’ailleurs autant la conséquence que la cause.

Les nouvelles technologies constituent-elles une rupture dans les modes de fonctionnement des entreprises ?
Je n’utiliserais pas le terme de rupture dans tous les cas. Parfois, il s’agit d’évolutions en douceur, bien maîtrisée et progressivement « digérées » par l’entreprise. Souvent par contre, les entreprises fonctionnent à l’aveugle devant les acquisitions de nouvelles technologies, se demandant après avoir acheté des solutions, comment faire, voire même que faire avec…. Je dirais plutôt que l’évolution technologique ouvre la porte à la modernisation, mais celle-ci doit être accompagnée, car il n’y a de véritable progrès pour l’entreprise que si les collaborateurs concernés s’approprient la technologie. Sinon, on est dans les évolutions au « forceps » qui parfois finissent par s’imposer (en laissant toujours des traces), mais qui conduisent souvent à des semi-échecs, voire dans certains cas à des échecs cuisants, je pense notamment aux ERP.

Au vu de la spécificité des entreprises localisées en Pays basque, largement constituée de TPME, développant essentiellement des activités de services, de commerce…quelles sont les opportunités que peuvent offrir les NTIC dans leur quotidien ?
A l’évidence, chacun dans son secteur, dans son activité peut trouver à améliorer son activité, voire à imaginer de nouveaux positionnements, tant en termes commerciaux, de relation avec ses clients et ses fournisseurs qu’en termes de réalisation et de régulation de son activité et de mise en œuvre de ses processus de base avec ses propres collaborateurs.

Indirectement, le fait de se poser la question de l’intégration des NTIC dans son entreprise ne suppose-t-il pas de concevoir son activité en de nouveaux termes ? Notamment, en poussant l’entrepreneur à projeter son activité dans un court, moyen et plus long terme ?
Il faut que les responsables d’entreprise mènent une réflexion stratégique pour imaginer les évolutions que les technologies rendent possibles. On peut tout à fait imaginer une montée en puissance progressive. Il faut également se méfier beaucoup des effets d’annonce des vendeurs de solutions. Car entre ce qu’une technologie rend théoriquement possible et la capacité d’une entreprise concrète avec des collaborateurs concrets dans un environnement concret peut effectivement mettre en œuvre, il y a souvent un abîme ! Les responsables d’entreprise peuvent se faire accompagner dans cette réflexion, autant que possible par des gens qui n’ont pas de solution à vendre… Il est évident qu’une telle réflexion est à la base de la pérennité de leur entreprise.


Ces changements ne supposent-ils pas des investissements (financier, en temps) trop importants ?
Bien sûr, cela suppose des investissements, qui parfois peuvent être importants, notamment pour les plus petites entreprises. Il faut faire attention au fait que très souvent, l’essentiel des dépenses n’est pas dans l’acquisition de la technologie, mais plus dans sa mise en œuvre (formation des utilisateurs, renseignement du système, erreurs et leurs conséquences…). Cela peut finir par chiffrer ! C’est bien pour cela qu’il est nécessaire d’avoir une réflexion en profondeur que nous venons d’évoquer à l’instant.

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