Jérémie Garat, Iron eta Maider

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Iron eta Maider« Il est possible aujourd’hui d’organiser sa propre tournée depuis son bureau sans pour autant avoir en sa possession un carnet d’adresses de tourneurs professionnels »

Iron eta Maider est un groupe souletin mélant costumes traditionnels et métal endiablé. Un de ses membres explique comment Internet est devenu un véritable vecteur de promotion pour leur activité.


Jérémie Garat, en tant que membre d'Iron eta Maider, quelle est la place des Nouvelles technologies dans votre activité artistique ?
L’utilisation des Nouvelles technologies intervient essentiellement dans le domaine de la diffusion de la musique. Ce nouveau concept de « mise en réseau des ressources musicales » est géré par le site Myspace qui connaît à l’heure actuelle une croissance exponentielle (3° site le plus visité aux Etats-Unis derrière AOL et ebay). Sommairement, Myspace est un blog musical fournissant à son utilisateur des outils lui permettant de promouvoir sa musique, son groupe, etc. il présente en outre l’avantage majeur de pouvoir créer un réseau ciblée en un temps record sur le principe soumis à condition de « je deviens l’ami de quelqu’un » et « les amis de mes amis sont aussi mes amis ». Cela peut-paraître enfantin, mais c’est le principe… et ça marche très bien. Aussi, son apparition est une petite révolution dans le domaine de la diffusion musicale. Iron eta Maider a tout naturellement pris le train en marche. C’est un excellent moyen de se rendre compte de ce qu’est un manager de groupe.
Site Myspace d'Iron eta MaiderLes utilisez-vous au quotidien dans votre corps de métier qu’est la musique ?
C’est une pratique qui est devenue aussi instinctive que de consulter sa boite mail et ceci pour la simple raison qu’aucun autre moyen n’est en mesure de fournir un niveau d’efficacité équivalent. Plus qu’un outil auquel nous avons recours, c’est un outil dont nous avions besoin et qui a déjà fait l’unanimité auprès des groupes (connus ou pas) soucieux de se faire connaître. J’estime à une heure en moyenne le temps quotidien de connexion sur le site, cela peut parfois aller beaucoup plus loin...(recherche de dates de concerts, gestion du courrier, mise en ligne de photos, etc.) Un vrai travail ! Pour autant, Myspace n’est pas un lieu de création artistique mais bien une vitrine.

Comment avez-vous fait le choix d’investir les outils de communication Internet ?
A ce stade là, ce n’est plus un choix, c’est une évidence voire même une obligation puisque aucun autre outil n’est en mesure de fournir un niveau d’efficacité équivalent. La grosse majorité des groupes y ont recours aujourd’hui.

Vous a-t-on aidé dans votre travail de communication ?
Nous n’avons pas encore la stature, ni le budget pour déléguer nos travaux à des agences de communication et ce n’est d’ailleurs pas le but. Cependant, il est fréquent que les personnes chargées de gérer leur espace Myspace, et ce même dans le cas de groupes de stature nationale voire internationale, soient aussi les propres membres du groupes. Conclusion : seule la notoriété peut vous aider dans ce type de travail !

Quel est justement l’impact de votre présence sur des outils tel que myspace, YouTube etc. ? Est-ce que cet investissement vous a permis de nourrir de nouveaux contacts ?
Il me paraît important de recentrer la question sur la matière première traitée par l’outil Myspace plus que sur l’outil lui-même. Si Myspace reste un moyen unique de créer rapidement son propre réseau, pour autant, il y autant de façon de s’en servir qu’il y a d’intentions, appelons cela ici « objectifs ». On peut, et c’est notre cas, y construire un réseau à échelle humaine en s’adressant à des personnes qui partagent au minimum les mêmes goûts musicaux ou valeurs attachées à la musique sans pour autant jouer la course à la connexion et accumuler les « amis », qui seront autant de connections qui contribueront à la notoriété factice du groupe. Il ne s’agit pas ici de juger les intentions mais de montrer qu’il est possible de créer un réseau solide à son image.

En ce qui nous concerne, nous avions confiance en notre formation et nous souhaitions que le bouche à oreille soit le relais logique de notre réseau Myspace qui, comme je l’ai déjà dis, reste actuellement très localisé (Bilbao-Pampelune-Bayonne). Car plus que la diffusion de notre musique, nous attendions de Myspace qu’il nous permette d’établir des contacts en vue de programmer des concerts dans cette zone mentionnée (les concerts étant pour nous une priorité). Nous pouvoir dire aujourd’hui que notre pari est gagné, puisqu’ aujourd’hui, après 5 mois de connections, nous avons eu 370 amis et 8400 connections nous avons plus d’une vingtaine de concerts programmés sur l’ensemble de la zone pays basque et plus particulièrement sur la zone sud, zone que nous souhaitions privilégier. De plus, nous savons également que la majeure partie des groupes en activité sur ce territoire a entendu parler de nous, preuve que le bouche à oreille a bien pris le relais.

Comment analysez la portée des réseaux sociaux sur Internet ?
Pour s’en tenir au cas d’Iron eta Maider et à l’activité qui nous lie à Myspace, celui-ci peut être considéré comme un tunnel. C’est à dire qu’il nous permet d’accéder plus vite à l’information et ce, aussi bien en termes qualitatifs que quantitatifs. En cela, Myspace a des vertus catalytiques remarquables. Comme je l’ai déjà énoncé, nous privilégions un réseau à échelle « humaine », et nous ne sommes pas touchés par les effets pervers générés par Myspace notamment dus aux flux toujours plus importants de l’information ?
Si Myspace est encore aujourd’hui un moyen de promotion efficace de la scène musicale indépendante, le phénomène tend à s’émousser en règle générale, laissant la place petit à petit à des systèmes intégrant les techniques de marketing de masse plus classiques récupérant ainsi le phénomène au profit de grandes structures censées en produire encore plus. Toujours est-il que bon nombre de groupes, dont nous faisons partie, ne joue pas dans ces catégories et voient dans myspace beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients.

Paradoxalement, la frontière physique semble disparaître au profit de dynamiques d’échanges complètement déterritorialisées. Est-ce bien cela ?
Oui, tout à fait. Il est possible aujourd’hui, non sans un investissement conséquent, d’organiser sa propre tournée depuis son bureau sans pour autant avoir en sa possession un carnet d’adresses de tourneurs professionnels. Cette vision, aussi pragmatique puisse t-elle être, est pourtant celle partagée par les groupes de petites statures désirant passer le cap de la diffusion en ligne à la représentation scénique. Cette dynamique participe à l’augmentation du rayon d’activité des groupes attachés à une zone définie et c’est dans dynamique que s’inscrit Iron eta Maider puisque depuis peu, notre rayon d’activité tend à s’amplifier vers le sud. La multiplicité des concerts dans cette zone nous permet donc à nouveau de multiplier les contacts, physiques cette fois, et de fortifier nos relations. Pour l’instant, cela semble être un véritable cercle vertueux.

Site du groupe sur Myspace

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