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Julien Galoin« Mon objectif, c’est de rendre service »

Créée il y a deux ans, la société e-Bayonne s’est spécialisée dans la vente par correspondance. Plus précisément, son directeur Julien Galoin a choisi de centrer son activité sur le dépôt-vente sur Internet. Aujourd’hui, près de 95% de ses ventes passent par la Net-économie. Véritable e-brocanteur, en investissant certains secteurs porteurs (pièces mécaniques, jouets vintage…), ce Biarrot de naissance est parvenu à développer une activité économique à part entière depuis Bayonne.


Julien Galoin, en tant que chef d’entreprise, comment vous est venue l’idée de vous spécialiser sur la vente par Internet ?
Ce que je fais aujourd’hui au sein d’e-bayonne, je l’ai toujours plus ou moins fait. Aujourd’hui, j’en ai fait mon métier mais disons que tout cela est venu très progressivement. D’un côté, j’ai toujours aimé chiner, acheter, revendre… pour les copains ou pour rendre service à des gens qui cherchaient qui un jouet particulier, qui un livre ancien… J’ai toujours rendu ce type de service.

D’un autre côté, depuis tout petit j’ai été familiarisé aux jeux électroniques, puis à l’Internet et aux Nouvelles technologies : Il y a toujours eu un PC à la maison et quand s’est développé l’Internet, je m’y suis tout de suite mis. Aussi le lien entre les deux s’est fait vraiment très progressivement. D’ailleurs, je n’y avais pas vraiment réfléchi en tant que tel, tout est allé de soi. C’était un petit peu tout azimut et c’est maintenant devenu mon activité professionnelle.

Vous semblez être venu à cette activité très naturellement ?
C’est vrai, tout a été très empirique : j’ai tout appris sur le tas. J’étais parti pour être technicien de laboratoire. J’ai fait des études pour ça. Ça ne m’a pas vraiment plu alors je me suis mis à travailler pour les autres… J’ai fait de l’intérim… après, j’ai décidé de me lancer. Sans apport.
Mon père était brocanteur donc je connaissais le métier : j’allais souvent l’aider, j’ai vu comment il travaillait. Alors, j’ai acheté un appareil photo numérique et j’ai commencé à vendre sur e-Bay, c’est d’ailleurs ce qui a inspiré le nom de mon site (e-Bayonne), et puis tout a commencé.

La vente et les achats sur Internet se font-ils facilement en France ?
Il est vrai que dans la région, ici en Pays basque, et en France de manière plus générale, les achats sur internet font encore un peu peur. C’est d’ailleurs le cœur de mon travail : mon rôle consiste à donner confiance aux clients. Je m’attache à développer au maximum tout ce qui peut faciliter la transaction. En fait, j’offre surtout du service, de la facilité, de la confiance… Ce n’est pas forcément le cas dans d’autres pays, notamment du Nord de l’Europe, en Hollande par exemple où je trouve d’ailleurs certains de mes produits. Le rapport avec l’économie du Net y est d’ailleurs bien plus facile. Suivant les pays, c’est vraiment très différent vis-à-vis de ce rapport au Net.

Votre activité se fait-elle avec une clientèle de la région ?
Pas forcément. Ici, en Pays basque, « la culture de l’Internet » reste très émergente, assez difficile. Ce n’est pas ce que je cherche d’ailleurs. Disons que je travaille ici, à Bayonne, comme une entreprise d’import-export : j’achète et je vends. Ce n’est pas très important que ma clientèle soit alentours. Mais bon, l’intérêt tient aussi à cela : personnellement, je peux garder une certaine qualité de vie en restant ici alors que mes clients se trouvent partout en France ou en Europe. C’est ensuite à moi de travailler à faire du bon travail, à offrir un bon service où le client est fidélisé. Finalement, ce n’est pas très différent d’un travail de brocante « traditionnel » : ce qui est dur c’est de fidéliser la clientèle, peu importe où je me trouve et peu importe où elle se trouve. Et pour cela l’Internet me permet de toucher une clientèle vraiment plus dispersée en termes géographiques.

Appliquez-vous les nouvelles technologies à d’autres secteurs de votre activité ?
C’est vrai que je me pose beaucoup de questions en ces termes. Or dans des petites entreprises, on est souvent seul et on n’a pas le temps. Par exemple, j’aimerais trouver une solution, un logiciel pour gérer mes envois qui constituent une part importante de mon budget. J’en ai parlé à mon comptable mais je n’ai pas eu le temps de m’y mettre. Je continue à le faire à la main avec Excel et je me rends compte que cela me prend beaucoup de temps.

Par ailleurs, tout l’intérêt de mon entreprise tient également à réduire au maximum les stocks, à fonctionner au maximum en flux tendus. Pour cela également, j’aimerais aussi avoir une solution, je ne sais pas si cela existe, mais il faut du temps pour avoir des réponses. Pour l’instant je me concentre sur mes priorités et c’est vrai que les nouvelles technologies ne sont pas partout présentes dans ce que je fais tous les jours.

Votre approche en tant que « brocante du XXIème siècle » produit-elle de nouveaux rapports avec la clientèle ?
En fait, c’est le rapport humain qui change et il est certain que le manque de rapports humains directs peut parfois peser. D’autant plus que dans mon activité il n’y a pas qu’un rapport économique. Pour bien travailler, il faut se connaître. Mon but c’est de répondre aux clients, parfois d’anticiper les demandes. Mon objectif, c’est de rendre service.

Or, dans une « e-brocante » si on veut la nommer ainsi, ce n’est pas quinze clients par jour que l’on voit passer : sur mon site, j’ai plus de 250 visites par jour ! C’est beaucoup plus intéressant en termes de clients potentiels mais cela rend plus difficile d’avoir une connaissance très fine de chacun d’entre eux. Et pour revenir à votre question précédente, c’est vrai que face à la volatilité potentielle de cette clientèle, s’il y avait des solutions techniques pour mieux connaitre ma clientèle et la répertorier, je la solliciterais. Ensuite, les nouvelles technologies ne changent pas fondamentalement le cœur de métier, cela modifie surtout l’organisation mais pas le fonds du travail. Ce qui compte, c’est la bonne connaissance du client et le rapport de confiance que l’on établit ensemble.

Contact
E-Bayonne
Zone industrielle de Lauga, 64100 Bayonne
Internet : www.e-bayonne.com
mail : e-bayonne@e-bayonne.com
Tel : 05.59.63.31.47

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