Jeff Catherine, Jeff Coyote
« Je cherche aujourd’hui à répondre à ce besoin avec le niveau d’exigence que cette clientèle de niche attend »Créée il y a maintenant 3 ans depuis Jaxu en Pays basque, l’entreprise JeffCoyote est une illustration parfaite de l’exploitation des potentialités qu’offrent aujourd’hui les NTIC. Son site de e-commerce www.jeffcoyote.com, extrêmement bien référencé sur les moteurs de recherche francophones, s’est spécialisé dans la vente par correspondance de pièces détachées pour Harley Davidson ou autres motos Custom. Mais cette entreprise de Vente par correspondance (VPC) n’est pas qu’un site « classique » de e-commerce, il a aussi investi les réseaux sociaux qui prennent place sur le Web 2.0. À la fois présent dans la vente de pièces de moto sur Internet, via son site de e-commerce, il participe à la diffusion d’événements liés à la moto via le lien sur http://www.jeffcoyote.fr/ et enfin, il commercialise des motos et du matériel moto dans le monde virtuel de Second Life depuis son garage virtuel. En d’autres termes, ce commerçant exploite l’ensemble des fonctionnalités offertes par les NTIC pour se donner à voir, être connu et reconnu dans le monde entier, depuis notre territoire. Jeff Catherine, en tant que chef d’entreprise, comment vous est venue l’idée de vous investir sur Internet ? C’est d’abord l’histoire d’une passion, ou plutôt de plusieurs passions que le hasard ont permis d’associer. Disons que j’ai toujours eu pour rêve de monter un garage moto spécialisé sur les modèles Harley. J’ai fait pas mal de boulots avant mais l’idée est toujours resté très fortement ancrée. Lors d’un déplacement personnel au Mans, je me suis rendu chez un garagiste avec toujours cette idée de voir comment m’établir, de manière « traditionnelle » dans ce secteur d’activité. Quelle n’a pas été ma surprise de voir que son garage de plain-pied était vide ! En fait de garage, il n’y avait que le téléphone et le site internet. Ce « garagiste » répondait sans arrêt au téléphone ! Finalement, il passait son temps à gérer les stocks et il n’avait d’ailleurs plus vraiment de temps à consacrer à son garage traditionnel. Moi qui me demandais comment trouver des fonds pour l’investissement du garage, comment négocier avec les banques etc. je suis resté estomaqué. Alors, l’idée a commencé à germer. J’ai commencé à me dire que je pouvais faire la même chose sur un créneau porteur. D’autant plus que j’avais déjà commencé à suivre tout ce qui se faisait en informatique. Depuis toujours, j’ai bricolé sur les ordinateurs. Dès que mes parents ont eu un PC, je m’y suis intéressé, sous tous les angles, j’ai y passé des heures à mettre en place des programmes, à trouver des solutions !!! Quand l’Internet à commencé à se diffuser en France, j’ai tout de suite pris le pas. Vous réalisez un rêve inespéré en associant vos deux passions dans votre travail ? En quelque sorte. Mais je tiens à préciser que ce sont surtout les connaissances des deux milieux qui me permettent de fonctionner aujourd’hui. Si je suis aussi bien référencé sur les moteurs de recherche, c’est que je combine ma bonne connaissance de la clientèle amateur de Harley et celle du monde de l’informatique et de l’Internet. Ça fait plus de 15 ans que je « vis » dans ce milieu très particulier des amateurs de Harley. Je peux dire que je le connais très finement. C’est un univers qui m’a toujours passionné depuis ma plus tendre enfance. Et je sais par expérience qu’il s’agit d’une clientèle très exigeante, pointilleuse… Je cherche aujourd’hui à répondre à ce besoin avec le niveau d’exigence que cette clientèle « de niche » attend. Je connais l’offre disponible et la demande, mon travail consiste par les moyens dont je dispose de faire correspondre l’offre avec la demande. Vous voulez dire que c’est surtout votre connaissance très fine de ce marché de niche qui est votre principal attrait ? En effet, progressivement, en étant dans ce milieu de la Harley et en suivant les évolutions de l’informatique et de l’Internet, j’ai identifié où je pouvais me situer. Je n’avais pas les compétences réelles pour monter un garage pour faire de la mécanique, de la réparation etc. Alors, j’ai développé tout le secteur de vente de produit « tuning », dans le sens nord-américain du terme, dans le sens de personnalisation, customisation de la moto. Ça se fait beaucoup là-bas beaucoup moins en Europe sauf dans les milieux américanophile comme celui du monde Harley. En France, il n’y a que trois ou quatre magasins de produits de customisation pour la moto, et pas exclusivement pour les modèles Harley… Les distributeurs se trouvent aux États-Unis, en Allemagne, au Pays-Bas. Pour moi, le travail consiste à répondre à la demande française. Et là aussi, je fais de la veille sur Internet, je ne vais pas trop dans des « salons ». D’ailleurs dans ce milieu qui est assez traditionnel, les évolutions sont vraiment difficiles à suivre : l’objectif de la customisation c’est de personnaliser sa moto, de la rendre unique… l’enjeu pour moi est de pour répondre à cette exigence, sans forcément courir après les nouveautés. |
Certes, vous avez une connaissance très fine du marché auquel vous vous adressez, ensuite vous avez vous-même une maîtrise à la fois très empirique et très professionnelle de l’outil TIC. Mais tout le monde ne peut pas tout contrôler comme vous le faites. Tout le monde ne dispose pas de votre palette de compétences.Non, non. Ce n’est pas parce que je connais les différentes étapes des différents processus (identification du marché, commercialisation via les TIC) que je fais tout. Par exemple, au moment de lancer mon activité et dès que la question des paiements en ligne s’est posée, je n’ai pas hésité à faire appel à quelqu’un dont c’est vraiment le métier. Une chose est d’être un amateur, un passionné, qui « bidouille » depuis son ordinateur et d’être un professionnel qui est tenu à des exigences de qualité de services, de respect des délais, de réponses à services après-vente… Quand s’est posée la question du paiement en ligne, je savais que je ne pouvais pas trouver de réponses seul, ou alors j’aurais mis des mois ou des années ! Alors, via un forum sur les Harley sur Internet, j’ai eu la chance de rentrer en contact avec un webmaster à Toulouse. Je lui expliqué ce que je voulais faire, dans quel projet cela s’inscrivait, c’est-à-dire ce que j’attendais par rapport à l’évolution de l’activité et il m’a fourni le service. Encore une fois, il faut faire justement attention à ça : comme toute chose, les choses doivent être prédéfinies, réfléchies. Il faut déterminer ce que l’on peut faire seul et ce que l’on ne peut pas faire, que ce soit par manque de temps, de compétences ou que sais-je encore. La même question s’est posée au sujet de la gestion des stocks. J’aurais pu bricoler un logiciel pour trouver une solution adaptée à mon travail d’envois et de suivis des colis. Mais là encore, pour la ressource ERP j’ai fait appel à mon webmaster (Une ERP est un Progiciel de gestion intégrée, destiné à construire des applications informatiques (paie, comptabilité, gestion de stocks…). Il y a des tas de solutions informatiques adaptées aux problèmes que l’on rencontre. Et il faut aller contre les préjugés, la plupart des logiciels dont on peut avoir besoin sont des logiciels libres, gratuits ou beaucoup moins chers que ceux que l’on vous distribue dans un supermarché. Par exemple j’utilise PhotofiltreStudio une version payante de retouche de photos mais bien moins chère que Pack Photoshop dont tout le monde parle et qui doit valoir dans les 120-150€. Selon vos besoins il existe des logiciels de retouche de photos en libre. Le tout est de savoir ce que l’on veut en faire, comment on pense l’exploiter, ensuite, c’est une question de professionnel. Et faire appel à un professionnel peut même vous amener à faire des économies car il vous proposera une solution adaptée au plus près de vos besoins réels. En outre, c’est mon webmaster qui m’a expliqué comment on mesurait la qualité d’un site de vente. Quand on vous a expliqué le temps que l’internaute passe sur un site, vous adopter rapidement « la règle des trois clics », c’est-à-dire qu’il faut avoir accès au produit en trois clics. Pour cela, il faut donc établir une rubrique, une sous-rubrique, et l’accès au produit. Même si vous savez comment fonctionne le back-office pour mettre votre contenu en ligne, cette question marketing du site internet vous n’êtes pas sensé la maîtriser. Comme toute chose, il faut savoir déléguer. Et c’est justement parce que je connais mes compétences que je sais que je ne peux pas tout faire comme quelqu’un pour qui c’est le métier. Je dois comprendre que votre travail se concentre sur le développement des volets communication et gestion des envois pour l’entreprise ? D’une certaine manière oui puisque ce sont là où se trouvent mes compétences. La valeur de Jeff Coyote réside dans la bonne connaissance à la fois du milieu Harley et dans les outils de distribution TIC. Comment jugulez-vous ces deux taches sur vos sites ? Le fait d’avoir été présent d’abord sur des forums, des sites d’échanges, des blogs dans les milieux motards, dans la commmunauté Harley, avant de lancer mon site de vente a été quelque chose de très important. Avant que je ne sois un « vendeur » de pièces Harley, les gens me connaissaient comme un amateur de Harley. Grâce à ça j’ai une légitimité qui est un gage de confiance pour ma clientèle. Cette question de confiance est quelque chose de primordial sur Internet, d’autant plus en France où on n’est pas encore trop habitué à acheter des objets sans les voir, sans les toucher… Mais au départ tout cela n’était pas calculé. Si j’avais créé un premier site, http://www.jeffcoyote.fr, c’était pour entretenir les liens entre passionnés, en suivant l’actualité du milieu : les meetings de motards, les nouveaux matériels. Ce n’était pas inscrit du tout dans le plan de développement de l’entreprise que j’ai créée ensuite ! Toutefois, il est certain que le fait d’être déjà bien référencé avec ce premier site a contribué au succès du second. La qualité de référencement du premier site, sur les échanges sans but lucratif, s’est répercuté sur le second, celui de vente en ligne. Ensuite, pour Second Life, c’est plutôt la continuité d’une passion. Très tôt, alors que ce n’était pas encore trop développé en France, j’ai commencé à mettre mon nez dans ce milieu-là. Aux États-Unis, il y avait déjà des Iles Harley Davidson qui se montaient. En voyant que des grosses entreprises d’automobiles américaines s’y investissaient, je me suis dit qu’il fallait aussi que je suive ça de près. Et comme pour le reste, j’ai commencé à réellement m’y investir. C’est un vrai lieu d’échanges et de commerce. C’est via Second Life que des clients américains m’ont contacté pour leur vendre du matériel ! Je leur ai expliqué que compte tenu des frais de douanes et de ports, je n’étais pas forcément le magasin le plus approprié pour leur rendre service ! Aujourd’hui, en plus de mes deux autres sites, celui d’échanges événementiels, celui de e-commerce, et outre le référencement que cela me permet de nourrir, c’est aussi une fenêtre qui donne à voir mon activité sur le monde entier. www.jeffcoyote.com www.jeffcoyote.fr http://www.jeffcoyote.fr/second_life.html http://secondlife.com |

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