Performance des établissements scolaires
Jean-Claude Gruber-Proviseur du Lycée hôtelier et de Tourisme de Biarritz gère un établissement public regroupement plus de 700 personnes, une douzaine de personnes attachées aux taches administratives et de direction, plus de 90 professeurs pour plus de 600 élèves venant de partout en France et dans le monde. Arrivé il y a quatre d’un autre établissement scolaire du Sud-est, J-C Gruber est à la tête d’une véritable entreprise, une entreprise où les NTIC ne sont pas exclues, loin s’en faut ! Monsieur le Proviseur, les NTIC sont très présentes dans la communication du Lycée hôtelier et de Tourisme de Biarritz. Comment se sont-elles développées au sein d’un établissement scolaire ? Oui elles sont relativement présentes mais nous prenons garde à ce que nous diffusons ! Cela représente du travail d’abord en interne, ici au Lycée hôtelier. Ce sont d’abord des solutions que nous mettons en place nous-même. Nous apprenons à diffuser les NTIC de manière très pratique et très pragmatique car, qu’on le veuille ou non, le fonctionnement de l’Education nationale continue à se faire de manière très centralisée. Les NTIC n’arrivent que très progressivement à prendre place dans le quotidien des établissements scolaires ! Alors effectivement, c’est parfois assez long d’obtenir des réponses à nos projets, surtout lorsqu’il y a des demandes de financement mais nous savons tous que la période que nous connaissons aujourd’hui est assez ténue sur ce point. Mais les choses peuvent se faire ! Dans cet établissement, nous avons pris le parti de puiser dans nos deniers propres et puis nous trouvons des solutions, au prix d’un investissement personnel certes. Ensuite, les choses ne se font pas sans contrôle. Par exemple, la gestion du site Internet reste toujours sous l’autorité du Proviseur. Et les nombreuses facilités offertes par les sites Internet notamment pour communiquer vers l’extérieur, nous les appliquons quand nous les jugeons utiles pour le bien de l’établissement et des élèves. Et même pour nous, un « établissement public », il est important de se faire connaître par les autres, d’autant plus que notre offre de formation est diverses : du BEP Alimentation pâtisserie au BTS responsable d’hébergement, au BTS hôtellerie… nous avons près d’un douzaine de formation et nous devrions peut-être communiquer plus encore sur celles-ci. Ce travail de communication vers l’extérieur a-t-il facilement été relayé au sein des personnels de l’établissement ? Depuis 2007-2008, nous disposons du logiciel Moudle, c’est un logiciel spécialisé dans l’enseignement à distance (e-learning) qui a été mis en place par des universitaires. Il s’applique vraiment très bien à nos besoins. Cela nous permet de communiquer entre nous. Cela permet aux étudiants de rester en contact avec les professeurs notamment durant leurs périodes de stages, et cela permet également aux professeurs de suivre leurs travaux, quasiment à tout moment. Pour assurer le suivi des enseignements, pour réagir face à des questionnements que chacun pourrait rencontrer, c’est tout à fait fabuleux ! C’est une solution pratique très intéressante. Or, avant même de pouvoir exploiter les potentialités offertes par une telle solution informatique, il faut convaincre les futurs utilisateurs. Très concrètement, nous venons tout juste de terminer la dernière série de formation à la fois de nos élèves et de nos enseignants. Pour avoir une idée, pour les enseignants nous avons effectuée une série des stages internes de formation, environs 40 heures de formation. C’est un de nos professeurs devenus très compétent en la matière qui s’est chargé de former ses collègues. Pour les élèves, nous l’avons inclus dans leurs cours depuis la rentrée, c’est-à-dire depuis 6 mois. Comme vous pouvez vous en rendre compte cela demande un grand investissement, une bonne organisation et ce qui est le plus important, une grande pédagogie en interne. Cela semble être le plus difficile… Non, il ne faut pas exagérer mais il est certain qu’il y a des conservatismes partout. L’introduction des NTIC, comme l’informatique en son temps, modifie forcément les manières de travailler ensemble. C’est une forme de formation continue qui est demandée. C’est donc un travail avant tout pédagogique, d’explication des avantages et des inconvénients des différentes solutions techniques. Par exemple, on observe souvent que les outils technologiques ne sont pas appropriés par le personnel administratif ou d’enseignement. Personnellement, je suis convaincu de leur intérêt, je « baigne » dedans depuis 1983 ! Mais tout cela prendrait encore plus de sens si tous nous nous rendions compte des multiples facilités que certains outils permettent. Alors, certes, il faut revenir sans cesse sur l’ouvrage. Ce fut le cas lorsque nous nous sommes fait assister pour la première fois par un ordinateur lors d’un conseil de classe ! Ou même pour l’utilisation, même simple, d’un logiciel qui nous permet de gérer les emplois du temps des élèves et des professeurs sous forme électronique !... Ce sont des petites choses qui se traduisent par beaucoup de facilité et qui génèrent des gains de temps qui peuvent être dévolus à d’autres activités. Or, tout cela demande que l’on explique les choses, qu’on éprouve leurs intérêts. C’est pour cela que certains ont suivi des cours au GRETA, que d’autres ont été formés en interne. Il n’y a pas de solutions miracles mais il y a toujours des solutions si l’on intègre la psychologie de chacun ! Un autre exemple : nous avons mis en place des écrans dans l’établissement, notamment dans la salle des professeurs, depuis mon bureau j’envoie un Power-Point, des images, des « slides » pour donner des informations. Les NTIC sont ainsi un outil très facilitateur en termes de communication et même de management ! Or, même si l’un est convaincu de ce que cela peut apporter, il est bien seul s’il ne prend pas le temps de l’expliquer à ses collaborateurs. Comme toute chose nouvelle, cela demande de dire les choses, de les expliquer et de les répéter incessamment… et c’est aussi ça notre rôle pédagogique ! Est-ce plus facile avec les jeunes générations ? les élèves ? C’est vrai qu’ils baignent dedans mais bien souvent, ils n’ont pas le recul pour exploiter autant que l’on peut l’imaginer ces outils. Même si ces outils sont moins étrangers pour eux, ils n’ont pas la perspective d’une personne qui a connu l’évolution depuis le papier, les horaires d’ouvertures des bibliothèques etc. jusqu’à un savoir « accessible » à tout heure sur la toile. Reprenons l’exemple de notre logiciel de e-learning, désormais, chaque élève peut disposer d’un espace d’échange privilégié, il n’est pas besoin de recourir aux courriels… Ils peuvent être autonomes qui pour accéder aux banques de données de vocabulaire, notamment en anglais, qui pour obtenir tout type d’informations, qui pour communiquer entre un professeur et son élève ou entre élèves… Dans notre travail de formation, c’est très important. Cela nous permet d’accommoder et de mettre à la disposition des étudiants des banques de données toujours réactualisées et utiles dans leur travail quotidien. Comme je le disais, pour notre établissement, c’est un outil très utile pour assurer le suivi des étudiants lors de leur stage. Car dans le cadre de leur formation, nos étudiants sont amenés à rester plus de quatre mois en stage en dehors de la France, le plus souvent en Grande-Bretagne, en Espagne ou aux États-Unis. Pour les professeurs, cela permet de les suivre quasiment au quotidien s’ils le souhaitent. Il apparaît que les NTIC vous permettent de mieux communiquer en interne. Les sollicitez-vous pour mieux vous faire connaître à l’extérieur ? Nous ne cherchons pas vraiment « à communiquer » vers l’extérieur. C’est-à-dire que ce n’est pas un but en soi. Dans le « marché de niche » pédagogique que constitue l’offre d’enseignement sur les métiers de bouche et de table, nous sommes déjà assez reconnus par les spécialistes. Pour autant, c’est vrai nous veillons à nous renouveler. Par exemple, dans le cadre de notre offre de formation, nous réservons un BTS à des élèves venus de l’étranger, et plus particulièrement d’Amérique latine. Nous avons 12 élèves sur cette section et la communication se fait par le site du lycée, et potentiellement via le logiciel Moudle. On aimerait effectivement pouvoir engager les procédures de recrutement à distance, plutôt que par le téléchargement des documents et l’envoi postal. Il nous reste cependant à résoudre des questions d’ordre technique. Nous y travaillons et nous comptons bien nous servir des NTIC pour nous faciliter la tâche. Mais même pour cette section « internationale », nous ne pouvons pas nous dispenser de demander à des relais locaux, via les Alliances françaises, les Lycées français à l’étranger, les services consulaires ou diplomatiques… de nous relayer les informations dont ils disposent. Nous sommes bien conscients que la technique ne pourra pas pallier tous les problèmes, par exemple sur le niveau de français des candidats ou sur le niveau de leurs diplômes. Vous adaptez peut-être vos modes de communications vers l’extérieur de manière plus traditionnelle ? Oui, en fait, nous avons déjà une forme de reconnaissance dans le système d’enseignement français. Nous sommes aussi très liés, grâce aux stages de nos élèves, à tous les maîtres de stage qui ont été sollicités. Cet « annuaire des anciens » constitue un réseau très important dans une profession où pour la majeure partie d’entre nous, nous nous connaissons bien. Mais nous restons réactifs et attentifs à rester ouverts à tout ce qui peut nous être intéressant. C’est peut-être notre métier qui veut ça mais la cuisine est soumise à des modes, à des évolutions, à des découvertes techniques etc. Indirectement nous sommes sensibles aux formes d’évolution dans d’autres domaines. A ce titre, nous venons de développer un CD-rom pédagogique sur l’art de la cuisine allégée. C’est venu de notre pratique ici, des travaux que nous faisions. Nous avons ensuite pensé qu’il était bon de communiquer là-dessus. Aujourd’hui, le contenu est en ligne sur les sites de l’Académie de Bordeaux. Il est donc disponible sur différents supports en ligne ou sur CD-rom. C’est aussi grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) que nous pouvons le faire, grâce également au Centre Régional de Documentation Pédagogique de l’Académie de Bordeaux (CRDP) bien sûr. Que ce soit en interne ou vers l’extérieur vous semblez très intéressés par les NTIC. Avez-vous d’autres idées d’amélioration du travail dans votre établissement ? Evidemment ! Qu’il s’agisse d’organiser des vidéoconférences grâce à une webcam pour un conseil de classe, de notifier le décompte des absences directement depuis la salle de classe, qu’il s’agisse de tableaux numériques ou « tout simplement » de vidéo-projecteurs, les NTIC peuvent nous aider à enseigner de manière beaucoup plus interactive et faciliter l’ensemble de nos tâches quotidiennes. Les applications sont multiples tant sur le plan pédagogique qu’organisationnel !. |

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