Agus Hernan, Le Journal du Pays basque

Questions à ...
    Enzo Ziccardi, GEIE EURelations
    Julie BAGIEU, aNTIC Pays basque
    Jean-Louis Harignordoquy, Hemen
    Marie Jouet, Ma conciergerie d'entreprise
    Jean-Michel Larrasquet, GRAPHOS
    Bob Worboys, Etxeko Bob’s beer
    Jérémie Garat, Iron eta Maider
    Philippe Montaulieu, Tendances DECO
    Beñat Castorène, Olaberria
    Jeff Catherine, Jeff Coyote
    Agus Hernan, Le Journal du Pays basque
    Olivier Mauroux, 64
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    Jean Irubetagoyena, Kirikino Ilargian
    Stéphane Mouesca, Adesis Consulting
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Tribune
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    Johanna SICART, AMA VIOLETTE
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    Rob Verhoek, SolidPepper
    Benoit Etxeberri, Eusko Ikaskuntza
    Xavier Baylac, Pays Basque Numérique
    Jean-Pierre Ithurbide, SPRI
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Focus
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    Le concept du Green IT
« Le panorama de la presse est aujourd'hui très polyvalent, c'est de l'écrit, sur du papier ou sur du numérique... »

Agus Hernan, rédacteur en chef et gérant du Journal du Pays basque.
Le Journal du Pays basque, le « JPB » a paru pour la première fois le 16 octobre 2001. Dans sa 7e année, après plus de 1 700 numéros, le JPB reste toujours en éveil pour se maintenir en phase de développement. D’un média traditionnel, « papier », le JPB cherche aujourd’hui à se positionner face aux défis que le monde de la presse va affronter dans les dix années à venir. Dans ce sens, le JPB tend à devenir un « média multimédia », variant habilement ses supports de contenus sur l’internet qu’il s’agisse du journal en ligne, de vidéo…


Depuis près de quatre ans, le JPB a investi l’Internet. Plus qu’une simple diversification de votre journal, cela semble s’inscrire dans un plan de développement. Le JPB a-t-il vocation à devenir un acteur médiatique plus transversal ?

Pour bien saisir nos choix, il faut refaire l’historique du quotidien. Après sa gestation et sa phase de croissance pendant cinq ans, à partir de février 2007, le JPB est entré dans une réflexion profonde sur ce que nous voulions faire et surtout sur ce que nous pouvions faire. Aujourd’hui, nous sommes connus et reconnus par les acteurs publics, par le monde économique et par les acteurs culturels et sportifs locaux mais moins par le grand public local. C’est vers eux que nous devons aller… tout en prenant en compte les évolutions fortes que nous connaissons sur ces sujets : la réalité d’un marché publicitaire restreint jugulée au développement des journaux gratuits qui ne manqueront pas d’arriver des grandes villes sur des bassins de vie plus proches des nôtres…
Au sujet d’Internet, effectivement, depuis plus d’un an, nous réfléchissons à cette phase de développement. Pour les prochaines années, nous nous lançons un nouveau défi pour être plus connu par le public, pour être plus lu, d’une manière ou d’une autre, par les lecteurs. Et sur ce projet, l’Internet est évidemment complètement intégré à notre politique, comme l’est aussi le magazine ON !, ou le supplément en langue basque Mintza.

Cela signifie-t-il que vous allez vous concentrer davantage sur votre visibilité sur l’Internet ?

Le Journal peut se lire sur papier, il se lit également sur Internet, et ce de façon exponentielle. Depuis la création en août 2004 du nouveau portail, le site www.lejpb.com a enregistré un nombre de visites qui ne cesse de croître. On comptabilise une moyenne de plus de 4 000 visites par jour, ce qui en fait un des sites Internet les plus visités en Pays Basque français. La plupart des contenus du jour sont accessibles sur le portail, on peut également accéder aux archives. Grâce à un accès gratuit qui augmente la portée du Journal au-delà de nos frontières, grâce à un très bon référencement sur Google, nous sommes assez largement lu compte tenu de la petite taille de notre territoire. L’Internet est donc déjà parfaitement intégré dans notre activité de journaliste de quotidien.
Malgré ces aspects plutôt encourageants, nous sommes continument à la recherche d’innovations, de compréhension des habitudes et des pratiques de nos lecteurs. Notre pari est de nous renouveler sans cesse. Mais ces points positifs ne suffisent pas forcément à stabiliser le JPB. Le jour où nous avons créé le site Internet du JPB, nous avons perdu 10% de nos lecteurs traditionnels. Aussi, notre réflexion ne s’inscrit-elle pas dans un raisonnement exclusivement économique, à court terme, c’est le développement global du Journal, en tant qu’organe de presse que nous visons, et celui-ci devra tendre à devenir définitivement rentable. Si la solution vient aussi de l’Internet : très bien ! Mais il y a encore de nombreux points à solutionner : pour le marché publicitaire sur Internet où les habitudes restent de payer pour lire un journal en ligne,… nous n’avons pas de réponses définitives... En conséquence, notre position n’est pas encore de privilégier exclusivement tel ou tel support de communication.

Vous semblez intégrer cette dimension « technologique » dans une approche plus large du travail de journaliste…

Le JPB n’est en rien différent du reste des média. Et le monde de la presse a changé ! Le panorama de la presse est aujourd’hui très polyvalent : c’est de l’écrit, sur du papier ou sur numérique. C’est de la télévision, en hertzien, sur le câble ou sur Internet. C’est aussi de la radio, traditionnellement ou en ligne !
Chaque média traditionnel, presse, radio ou télévision est amené à reconsidérer son positionnement et son rapport avec sa cible. Pour l’heure, notre politique est d’élargir l’échantillon d’offre et le panel de support, sans forcément privilégier tel ou tel support de communication. De toute manière, j’ai la conviction qu’à l’avenir un journaliste devra maîtriser l’ensemble de ces supports. Il faut s’y préparer.

C’est dans ce sens que vous mettez à la disposition de vos internautes des contenus vidéo ?

Tout à fait. Même si l’initiative s’est concrétisée de manière fortuite, c’était une éventualité à laquelle nous avions pensé. Aujourd’hui, l’internaute qui se rend sur notre site internet peut consulter des contenus audiovisuels et de reportages télévisés grâce à TB-JPB. Nous avions envisagé cette possibilité, un stagiaire était disponible en la personne de Ramuntxo Garbizu, il a pu mener à bien ce coup d’essai, c’est très bien. Aujourd’hui, nous continuons à explorer sur cette voie. Cela nous permet de diversifier notre offre d’information et peut-être d’amener des lecteurs vers le site et par conséquent vers le journal.
Mais il faut bien comprendre que cette diversification s’inscrit vraiment dans une démarche plus large, plus globale. Ces derniers mois, nous avons ajouté au JPB de nombreux suppléments réguliers : « Mintza » qui est un hebdomadaire en langue basque ; « Herri Kolore » qui donne des éclairages sur des thématiques particulières (Herri Urrats etc.) ; ou « On ! » qui est un magazine papier pour découvrir le Pays basque, nous venons de publier le mois dernier des numéros sur la Soule ou Saint Jean-Pied-de-Port… Nous faisons aussi des « promos » avec des produits associés : Le 3 mai, en partenariat avec Irulegiko Irratia, nous avons vendu avec le journal le roman de Pello Guerra « Requiem pour la Navarre » qui a été vendu à 13 000 exemplaires dans son édition en castillan. Nous avions auparavant fait la promotion du guide de randonnées « Les Grandes traversées » chez Pirineos, ou le DVD de Martikorena…
Comme je vous le disais auparavant, nous diversifier correspond à une stratégie d’ouverture, cela doit nous aider à être plus connu par le grand public. Cela fait parti d’un tout : l’organisation de la partie commerciale, les suppléments, les promotions, le développement du site Internet… Tout cela doit être bien mesuré. Par exemple, nous faisons le pari de rester un média gratuit sur internet, c’est une posture difficile à défendre mais nous, nous y tenons. Nous croyons qu’en France la culture n’est pas d’acheter les produits, aussi nous voyons notre progression sur un plus long terme, sans nous enfermer forcément dans des considérations uniquement économiques.

Votre projet original Sarean zer ? (Ndlr : « Qu’est-ce qu’il y a sur la toile ? ») s’inscrit dans cette vision ?

Tout à fait. « Sarean zer ? » s’y inscrit parfaitement. La réalisation de ce projet correspond au développement de notre partie Internet, elle sera d’ailleurs de nouveau renouvelée à la fin du mois de mai. Depuis début 2008, grâce au système conçu par l’entreprise ELEKA nous relions systématiquement les informations que nous traitons au JPB avec des informations, abordant le même sujet, mais traitées par des journaux internationaux, français et du Pays Basque sud.
Notre investissement sur ce projet part d’un constat : d’une part, l’Internet prend chaque jour plus d’importance dans nos sociétés, d’autre part, les journaux quotidiens ont multiplié leurs éditions digitales afin de répondre à cette réalité technologique, un rapport à la technologie qui a induit de nouveaux modes de comportement sur l’accès à l’information… On pourrait voir ce problème comme un défi insoluble, nous, nous voulons croire que cela peut nous permettre de garantir la pluralité des sources. Sur n’importe quel type d’information, l’internaute pourra comparer l’information en multipliant les sources : en cliquant sur l’information, il aura à sa disposition les liens l’amenant à voir comment d’autres journaux l’auront traitées en euskara, en français, en castillan, en anglais et en catalan. Ainsi, l’internaute aura à sa disposition la même information avec autant de points de vue que possible. De la sorte, « Sarean zer ? » défend la pluralité de la presse en rendant accessible au plus grand nombre la diversité des sources. L’accessibilité est ici garantie, car, comme l’ensemble du site du JPB, et contrairement à d’autres éditions en ligne de quotidiens, ce service est entièrement gratuit !

Aviez-vous en Internet les compétences pour faire ce travail ?

C’est avec l’entreprise ELEKA que nous avons fait ce travail. L’application actuelle se base sur une nouvelle technologie Dokusare qui a été développée par la section Recherche et Développement d’Elhuyar. Cette nouvelle technologie relie et cherche les documents multilingues en se fondant sur des analyses sémantiques pour trouver les occurrences. L’entreprise ELEKA a ensuite adapté cette technologie à l’environnement journalistique. Tout cela est le fruit d’un long travail de collaboration transfrontalière entre ELEKA au Guipúzcoa et le JPB, ici en Pays basque nord. Dans ce cadre coopératif transfrontalier, nous avons d’ailleurs obtenu le soutien du Fonds communs européens Aquitaine-Euskadi. A l’avenir, le partenariat avec ELEKA sera développé, nous avons un deuxième projet de développement en cours.
Encore une fois, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de développement du projet JPB qui reste un média très jeune. Je vous rappelle que le JPB n’a pas encore 7 ans ! Mais il est vrai qu’aujourd’hui, dans le projet du journal, le site Internet a eu une importance fondamentale, il est une clé de voute de l’ensemble. C’est aussi pour cela que pour rester encore plus performant, le site web www.lejpb.com sera entièrement renouvelé avant l’été: il sera encore plus clair et plus interactif pour être au plus près de nos lecteurs !

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