Garbiñe Eraso/Henri Mogaburu, ARTEA
« Continuer à contrôler sa communication d’entreprise en investissant l’espace Internet »La société ARTEA a la particularité de se partager entre ses bureaux bayonnais, son atelier bas-navarrais d’Ilharre et son relai commercial de Gentilly en région parisienne. Créée il y a près de 10 ans, cette société s’est spécialisée dans l’agencement d’intérieur pour appartement, villa, musées, bureaux ou espaces de vente… Son activité s’étend de la fabrication de pièce unique de mobiliers à l’aménagement complet des lieux à réaliser. De la confection des chaises et tables de salons du Jazz club de la rue des Lombards à Paris à la réfection d’une villa azuréenne, Artea est connue en France et dans le monde entier comme un véritable spécialiste de l’Art contemporain. Depuis quelques semaines, la société ARTEA a décidé de lancer son site Internet www.artea-paris.com Garbiñe Eraso, vous qui vous distinguez par la spécificité de vos réalisations, qui exigent à la fois une excellente maîtrise de différentes techniques et une très bonne connaissance des matériaux, quel est l’apport des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) dans votre activité ? Nos clients sont avant tout de grands amateurs de l’art moderne. Notre bureau d’étude intégré est destiné à répondre à leurs souhaits qui sont pour la plupart des travaux très spécifiques. Notre travail consiste à leur apporter des solutions souvent uniques et ainsi satisfaire leurs exigences qu’il s’agisse d’architecture, de design… Aussi, nous ne cherchons pas forcément à toucher une nouvelle clientèle en soi car dans notre métier le bouche-à-oreille nous draine l’essentiel des gens avec qui nous travaillons. C’est une donnée très importante : même si nous ne sommes, pour ainsi dire, pas connus localement, cela nous permet néanmoins de travailler sur les différents chantiers en France ou à l’étranger. La création ces dernières semaines d’un site Internet ne nous détourne pas de cela. Pour l’instant, il donne surtout à voir des travaux que nous avons accomplis pour une clientèle à la recherche de produits « haut de gamme ». L’Internet nous permet de communiquer sur ce que nous faisons. Cela s’inscrit dans une stratégie plus globale de communication à destination, plus ou moins directe, d’une clientèle qui nous connait déjà et qui cherche à mieux appréhender ce que nous réalisons. Pour une entreprise comme la vôtre, qui témoigne d’un vrai souci d’exigence de qualité, vous ne voyez pas l’Internet comme un moyen de recueillir de nouveaux clients ? Ce n’est pas parce que l’on est présent sur l’Internet que de nouveaux clients vont taper à notre porte. En outre, ce n’est pas ce que nous recherchons. Ce qui nous paraît important c’est de montrer ce que nous savons faire, ce que nous avons réalisé, et le site Internet doit être une sorte de « plaquette » qui doit expliquer qui nous sommes. Cela exige une véritable réflexion préalable, une réflexion qui dans le cas d’Artea s’est toujours effectuée de manière continue et ininterrompue. Par exemple, le nom de domaine du site Internet, nous le possédons depuis la date de création de la société en 1997. Comme je le disais, jusqu’à il y a quelques semaines nous ne nous en sommes pas servi car le bouche-à-oreille fonctionne pour nous donner suffisamment d’activités. Néanmoins, depuis 3-4 ans, nous réfléchissons à développer une politique de communication. Pour expliquer qui vous êtes ? En effet, comme de nombreuses entreprises, nous avons des convictions, des spécificités qui permettent de mieux cerner comment nous travaillons. Notre travail consiste à offrir un service de précision, individualisé pour une clientèle très connaisseur et exigeante. Dans notre secteur qui est une activité de niche, il est rassurant pour ceux qui nous sollicitent ou veulent le faire, de savoir comment nous travaillons. Nous pouvons, discrètement, sans forcément de grand discours, leur donner des indications sur le fonctionnement de notre activité d’ici, en Pays basque, de nos relations avec les acteurs locaux, mais aussi de notre disponibilité à aller où se trouvent nos clients. Nous avons la particularité de contrôler toute la chaine de réalisation : de la conception à la vente en passant par l’élaboration. Nous réalisons tout en interne, dans nos ateliers de Saint-Palais, à Ilharre, avec des sous-traitants et des fournisseurs locaux, c’est-à-dire que nous travaillons avec le tissu économique, humain et industriel local. Ensuite, nous avons un développeur à Paris, ce qui nous permet de directement répondre aux questions et d’établir des devis très précis et individualisés avec des clients très exigeants en termes de services et de qualité des produits. Vous avez donc une attente très précise vis-à-vis de votre site… Il doit y avoir une cohérence entre les produits proposés et l’image que nous devons donner. Nos réalisations ont déjà été diffusées dans des magasines spécialisés, dans le New York Time Magazine notamment. Mais il y a d’autres réalisations, comme la vitrine que nous avons faite pour l’Assemblée nationale en 2005, qui sont intéressantes à relayer, pour expliquer certains détails qui aident à comprendre que nous faisons des objets véritablement uniques. Vous disiez que vous contrôliez toutes les phases de votre « production », de l’élaboration à la livraison. Est-ce également le cas pour le site Internet ? Oui, dans notre réflexion, nous avons fait le choix de contrôler l’ensemble de la gestion du site. C’est-à-dire que je me suis formée à l’élaboration et à la gestion d’un site Internet. J’ai suivi deux stages à l’Ecole d’Art de Bayonne, l’un sur un mois et demi sur le site Internet et un second sur le PAO durant deux mois. Ce qui met permet aujourd’hui de faire vivre le site indépendamment d’une prestataire de service. Nous essayons d’être cohérent par rapport à ce que nous sommes, c’est-à-dire que ce qui fait la force de notre métier, c’est de fonctionner en équipe, pour une production de niche. Et nous devons continuer à considérer l’Internet comme un outil média comme un autre. Il ne s’agit pas de nous engager sur une voie que nous ne pourrions plus contrôler. L’acquisition du logiciel mis à la disposition de l’entreprise, comme le reste, constitue un vrai investissement qui peut être très lourd pour des petites sociétés comme la nôtre. Les NTIC sont-elles présents dans d’autres secteurs de votre travail ? Par exemple, aujourd’hui, on ne travaille quasiment plus sur des documents d’architecte papier, on s’échange les fichiers. D’une certaine manière, nous travaillons comme dans l’industrie. Plus personne ne peut tenir les délais s’il n’est pas informatisé. Et puis, on effectue tous une veille, au niveau international, pour connaitre comment les autres travaillent, comment les choses évoluent. La clientèle n’est pas captive, il faut la démarcher et la convaincre, d’où l’importance du projet et de la qualité des résultats… d’où l’importance de la formation continue pour pérenniser notre activité, pour l’adapter à la fois à nos clients, à leurs exigences et aux moyens dont on peut disposer pour y répondre. Vous défendez une approche très stratégique et responsable de l’ensemble de votre activité… Il y a une réalité à laquelle nous ne pouvons que nous plier : nous sommes dans un secteur de niche très élitiste, avec une réelle exigence de résultat que l’on peut traduire par un impératif de qualité optimal. Il faut que nous cultivions et entretenions notre côté « savoir-faire artisanal » avec une réflexion de type industriel. |

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